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Bricolage

Le multicouche simplifie la plomberie, à condition de maîtriser diamètre, raccords et pose

Anne-Lise Garreau d'Aubrac 7 min de lecture
Multicouche plomberie : tube multicouche, raccords et sertissage

Publié par : — Rédactrice spécialisée en bricolage

Le tube multicouche convient aussi bien à la rénovation qu’à la construction neuve. Il se cintre plus facilement que le cuivre, se pose sans soudure et peut alimenter un réseau d’eau sanitaire ou de chauffage. Cette simplicité demande toutefois de choisir le bon tube, le bon diamètre, le raccord adapté et le mode de pose approprié. Une installation durable se prépare avant la première coupe.

Le multicouche, un tube composite pour les réseaux domestiques

Un tube multicouche associe généralement des couches de polyéthylène réticulé à une âme en aluminium. Cette structure limite la dilatation, améliore la tenue de forme après cintrage et crée une barrière anti-oxygène utile sur les circuits de chauffage. Le tube reste souple, tout en étant plus stable qu’un tube plastique seul. Il peut ainsi suivre une cloison, contourner un obstacle ou former une distribution propre dans un logement.

Le multicouche s’utilise pour l’eau chaude et froide sanitaire, l’alimentation d’un lavabo, d’une douche ou d’un évier, ainsi que pour certains réseaux de chauffage et planchers chauffants. Le produit doit être choisi selon l’usage prévu. Pour une installation destinée à l’eau potable, recherchez notamment le marquage ACS. La norme NF EN ISO 21003 et les prescriptions du DTU 60.1 fournissent aussi des références pour concevoir et réaliser le réseau.

Une âme en aluminium qui influence la pose

L’aluminium forme une membrane technique entre les couches plastiques. Il limite les échanges gazeux et donne au tube sa mémoire de forme. Cette propriété a une conséquence concrète sur le chantier : un tube mal déroulé ou fortement contraint peut conserver une tension interne. Il faut donc le redresser progressivement, respecter son rayon de courbure et utiliser une cintreuse ou un ressort de cintrage lorsque le virage est serré. Ces précautions limitent l’ovalisation, qui peut fragiliser le raccordement sans être visible une fois le tube installé.

Choisir entre multicouche, PER et cuivre selon le chantier

Le matériau adapté dépend de la configuration du projet. Le multicouche offre souvent un compromis entre rapidité de pose, rigidité maîtrisée et durabilité. Le PER est plus souple et généralement économique. Le cuivre reste une solution éprouvée, notamment lorsqu’une installation apparente doit conserver une finition traditionnelle ou répondre à des contraintes particulières.

Matériau Atouts principaux Points de vigilance Projet adapté
Multicouche Faible dilatation, cintrage, absence de soudure, barrière anti-oxygène Compatibilité stricte entre le tube et le raccord, calibrage indispensable Rénovation, sanitaire, chauffage
PER Souplesse, passage aisé en gaine, coût souvent contenu Dilatation et tenue de forme moins favorables Distribution encastrée simple
Cuivre Rigidité, finition visible, matériau traditionnel Pose plus technique, soudure ou assemblage spécifique Réseaux apparents et travaux exigeants

Pour une rénovation partielle, le multicouche permet de remplacer une portion de réseau sans refaire toute la plomberie. Il faut toutefois éviter d’associer au hasard des composants issus de marques ou de systèmes différents. Un raccord doit correspondre au diamètre extérieur, à l’épaisseur du tube et au profil de sertissage prévu par son fabricant. La compatibilité entre le tube et le raccord reste prioritaire, même lorsque les dimensions semblent proches.

Dimensionner le tube avant d’acheter les raccords

Le diamètre ne dépend pas uniquement de l’appareil à alimenter. Il faut aussi tenir compte du débit attendu, de la longueur du parcours, du nombre de points de puisage et de la pression disponible. Plus le trajet est long, plus les pertes de charge peuvent réduire le débit à l’arrivée. Un diamètre trop faible peut rendre une douche moins confortable dès qu’un autre robinet est ouvert.

Usage courant Diamètre extérieur fréquemment retenu Débit indicatif évoqué
Lavabo, WC, petit point d’eau 16 mm 12 L/min
Douche, évier, alimentation d’un appareil 20 mm 20 L/min
Colonne principale ou plusieurs équipements 26 mm 35 L/min

Ces valeurs servent de repères pour préparer une distribution domestique. Elles ne remplacent pas le calcul d’un réseau long ou fortement sollicité. Pour une colonne qui alimente plusieurs salles d’eau, une installation très étendue ou un projet de chauffage, vérifiez le dimensionnement global. Lisez aussi le marquage complet du tube : il indique le diamètre extérieur et l’épaisseur de paroi, deux informations indispensables pour sélectionner les raccords compatibles.

Sertir ou comprimer : le raccord détermine la pose

Le sertissage pour les parties définitives

Le raccord multicouche à sertir se met en œuvre avec une pince adaptée et une mâchoire correspondant au profil demandé, par exemple TH ou U. Après l’insertion du tube préparé, le sertissage déforme la bague du raccord et crée une liaison durable. Cette solution convient à un réseau important et aux parties qui seront fermées derrière une cloison, lorsque les règles de mise en œuvre du système l’autorisent.

Une pince à sertir représente un investissement. Une location à la journée peut coûter entre 30 et 50 €. Cette dépense devient intéressante sur une installation comportant de nombreux raccords, notamment au-delà de 15 à 20 raccords. N’utilisez jamais une mâchoire simplement « proche » du profil demandé. Le sertissage est fiable uniquement lorsque l’outillage, le raccord et le tube appartiennent à un système compatible.

La compression pour un raccord accessible

Le raccord à compression se serre par vissage, sans pince spécifique. Il convient à une réparation, à un branchement ponctuel ou à une pose réalisée avec des outils courants. Il a aussi l’avantage d’être démontable. En contrepartie, il doit rester accessible pour permettre un contrôle ou une intervention. Il n’est donc pas destiné à disparaître dans une cloison ou sous une chape.

Avec n’importe quel raccord, coupez le tube bien perpendiculairement à l’aide d’un coupe-tube. Calibrez ensuite l’extrémité et ébavurez-la. Cette préparation rétablit une section circulaire et protège les joints toriques au moment de l’insertion. Une coupe de travers, une bavure ou un tube ovalisé peut abîmer le joint et provoquer une fuite différée, plus difficile à repérer qu’un défaut visible lors de la mise en eau.

Poser du multicouche sans créer de faiblesse cachée

Avant de fixer les tubes, dessinez le cheminement, repérez les vannes d’arrêt et limitez les raccords inutiles. Un trajet continu, avec des courbes régulières plutôt qu’une succession de coudes, réduit les pertes de charge et le nombre de zones sensibles. Prévoyez également les fixations nécessaires pour éviter les vibrations. Le tube doit pouvoir se dilater sans être comprimé ni tendu.

  1. Coupez le tube à la longueur nécessaire en tenant compte de sa profondeur d’enfoncement dans le raccord.
  2. Calibrez et ébavurez soigneusement chaque extrémité.
  3. Insérez le tube jusqu’à la butée, puis serrez ou sertissez avec l’outil adapté.
  4. Fixez le réseau sans écraser le tube ni le tendre excessivement.
  5. Effectuez un contrôle visuel complet et une mise en pression avant de refermer une cloison.

Nu, gainé ou isolé : choisir selon l’emplacement

Le tube nu convient à une pose apparente ou à un espace technique protégé. Le tube gainé facilite le passage dans une cloison ou une dalle et protège le tube des frottements. Il est utile lorsqu’un remplacement futur ou un mouvement du réseau doit rester possible. Le tube isolé ajoute un calorifugeage qui limite les pertes de chaleur sur l’eau chaude et réduit le risque de gel dans un garage, un vide sanitaire ou une zone non chauffée.

L’encastrement ne permet pas de dissimuler tous les assemblages. Utilisez une configuration autorisée par le fabricant et réservez les raccords à sertir aux parties définitives lorsque les prescriptions le permettent. Les raccords à compression, les organes de coupure et les points susceptibles d’être contrôlés doivent rester accessibles. Une fois le réseau fermé, conservez un plan précis de son cheminement. Il vous évitera de percer un tube lors d’une future fixation murale.

Vérifiez enfin les limites de pression et de température annoncées pour la gamme choisie. Certaines références indiquent jusqu’à 10 bars et 70 °C en continu. Ces valeurs ne remplacent pas la notice du fabricant, les conditions d’usage du réseau ni les règles de pose applicables. Le respect de ces paramètres permet au multicouche d’atteindre une durée de vie annoncée autour de 50 ans.

Anne-Lise Garreau d'Aubrac
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