La location saisonnière en France est devenue un secteur strictement encadré. Pour tout propriétaire souhaitant louer son bien sur des plateformes comme Airbnb, Booking ou Abritel, le numéro d’enregistrement foncier est désormais une obligation légale. Ce code de 13 chiffres garantit la conformité de votre activité et prévient les sanctions financières liées aux nouvelles réglementations sur les meublés de tourisme.
Qu’est-ce que le numéro d’enregistrement foncier et pourquoi est-il obligatoire ?
Le numéro d’enregistrement foncier est un identifiant unique délivré par la mairie de la commune où se situe le logement. Il permet aux autorités locales de recenser l’offre locative de courte durée et de vérifier le respect des règles, notamment le plafond de 120 jours par an pour les résidences principales. Ce numéro est strictement personnel et rattaché à un bien spécifique ; il ne peut être transféré en cas de vente ou utilisé pour une autre adresse.

Une distinction nécessaire avec le numéro cadastral
Il est fréquent de confondre le numéro d’enregistrement foncier avec l’identifiant cadastral ou le numéro fiscal. Leurs fonctions diffèrent. Le numéro cadastral identifie la parcelle et le bâti pour le calcul des impôts locaux. Le numéro d’enregistrement est une autorisation d’usage temporaire liée à l’activité de loueur de meublé de tourisme. Ce code est également distinct du numéro SIRET, nécessaire pour vos déclarations de revenus en tant que Loueur Meublé Non Professionnel (LMNP).
Le cadre légal : de la loi ELAN à la loi Le Meur
L’obligation d’enregistrement a été introduite par la loi ELAN de 2018 pour les communes de plus de 200 000 habitants et les zones tendues. Le cadre s’est durci avec la loi dite « Le Meur » de novembre 2024. Cette législation généralise l’obligation de déclaration à l’ensemble du territoire français d’ici 2025. L’objectif est d’harmoniser le contrôle et de lutter contre la pénurie de logements destinés à la location longue durée.
Qui doit obtenir ce numéro et quelles sont les zones concernées ?
Si vous possédez un meublé de tourisme, qu’il s’agisse de votre résidence principale ou secondaire, vous êtes soumis à cette obligation dès lors que votre commune a délibéré en ce sens. La généralisation progressive de cette mesure signifie que la quasi-totalité des propriétaires sera concernée à court terme.
Les résidences secondaires sous haute surveillance
Pour une résidence secondaire, la réglementation est stricte. Dans la plupart des zones touristiques, l’obtention du numéro d’enregistrement nécessite une demande de changement d’usage. Vous demandez à la mairie l’autorisation de transformer un local d’habitation en local commercial. Certaines villes imposent des règles de compensation : pour chaque mètre carré transformé en location saisonnière, vous devez créer une surface équivalente en location classique dans le même quartier.
Cette immatriculation préserve l’équilibre du tissu urbain. En identifiant chaque logement sur le marché de la courte durée, les municipalités limitent la transformation des centres-villes en zones touristiques exclusives. Cette traçabilité numérique permet de concilier l’économie du partage avec le droit au logement pour les résidents permanents.
La règle des 120 jours pour la résidence principale
Si vous louez votre résidence principale, vous bénéficiez d’une souplesse relative, mais le numéro d’enregistrement reste requis. La loi limite la location à 120 jours par année civile. Le numéro d’enregistrement permet aux plateformes de comptabiliser automatiquement ces nuitées et de bloquer le calendrier dès que le plafond est atteint. Certaines communes pourraient réduire ce plafond à 90 jours en 2025, rendant le suivi via le numéro officiel encore plus critique.
La procédure pas à pas pour obtenir votre numéro
L’obtention du numéro d’enregistrement foncier est une démarche gratuite. Elle s’effectue en ligne via le portail de votre mairie ou sur des plateformes mutualisées comme Déclaloc.
Les étapes de la déclaration en ligne
Pour valider votre déclaration, vous devez fournir les informations suivantes :
- L’identité du déclarant et ses coordonnées.
- L’adresse précise du logement concerné.
- Le descriptif du logement (nombre de pièces, lits, surface).
- Le statut du logement (résidence principale ou secondaire).
- Le justificatif de l’autorisation de changement d’usage si la ville l’impose.
Le système génère instantanément un accusé de réception contenant votre numéro à 13 chiffres. Ce code commence par le code INSEE de la commune, suivi d’une séquence unique à votre dossier.
L’intégration du numéro sur les plateformes de réservation
Dès réception, vous devez reporter ce numéro dans les paramètres de votre annonce sur Airbnb, Booking ou toute autre plateforme. Ces sites ont l’obligation légale de vérifier la présence d’un numéro valide. Une omission entraîne la désactivation automatique de votre annonce. Les plateformes croisent régulièrement leurs données avec les services municipaux pour garantir l’authenticité des numéros fournis.
Risques et sanctions : ce que vous devez savoir
L’absence de numéro d’enregistrement foncier constitue une infraction. Les mairies disposent désormais de brigades dédiées à la surveillance des sites de location.
Des amendes civiles dissuasives
La publication d’une annonce sans numéro d’enregistrement expose le propriétaire à une amende civile pouvant atteindre 5 000 € par logement. En cas de dépassement de la durée légale de 120 jours pour une résidence principale, l’amende peut s’élever à 10 000 €. Pour les résidences secondaires louées sans autorisation de changement d’usage, les sanctions atteignent 50 000 €, assorties d’une astreinte journalière jusqu’à la remise du bien sur le marché locatif traditionnel.
| Type de bien | Obligation d’enregistrement | Limite de durée | Risque d’amende (max) |
|---|---|---|---|
| Résidence Principale | Oui (selon commune) | 120 jours / an | 10 000 € |
| Résidence Secondaire | Systématique en zone tendue | Illimitée (si autorisé) | 50 000 € |
| Chambre chez l’habitant | Généralement exemptée | Aucune | N/A |
Les plateformes sont également passibles d’amendes si elles maintiennent des annonces non conformes, ce qui explique leur intransigeance. La conformité est votre seule garantie pour pérenniser votre activité.
Anticiper les évolutions de 2025
L’année 2025 marque la généralisation du numéro d’enregistrement foncier. Il ne sera bientôt plus possible de louer « sous les radars », même dans les zones rurales ou les petites stations balnéaires.
Vers une automatisation fiscale
Le numéro d’enregistrement est le pivot de la collecte de la taxe de séjour. En liant l’annonce à un numéro officiel, le fisc vérifie que les montants collectés correspondent à la réalité des nuitées. À terme, ce numéro pourrait pré-remplir certaines déclarations fiscales, simplifiant la gestion pour les loueurs tout en rendant la fraude plus complexe.
Conseils pour rester en conformité
Si vous envisagez de louer un bien, vérifiez dès maintenant sur le site de votre mairie si une délibération a été prise. Des pièces complémentaires peuvent être exigées, notamment si votre logement dépend d’un règlement de copropriété restrictif. Une fois le numéro obtenu, conservez-en une copie numérique et assurez-vous qu’il soit visible sur tous vos supports, y compris votre site de réservation directe.
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